Une étude concluant que le cerveau des femmes fonctionne mieux au chaud contestée

le 13 septembre 2019 à 13:44
Pierre Lavallée

Une récente étude a beaucoup fait jaser en rapportant que le cerveau des femmes fonctionne mieux au chaud que celui des hommes. Des experts consultés par La Presse canadienne estiment toutefois qu’elle est tellement pleine de trous qu’il est impossible d’en tirer quelque conclusion que ce soit.

« Selon moi, les conclusions que [les chercheurs] en tirent ne permettent pas du tout d’apporter un certain niveau d’évidence en faveur ou contre leur hypothèse, a tranché Miguel Chagnon, le directeur du service de consultation statistique de l’Université de Montréal. Pour moi, la question reste ouverte, peu importe les chiffres. »

Des chercheurs allemands et américains écrivaient dans le journal scientifique PLOS ONE que les femmes s’en tiraient mieux lors de tests mathématiques et verbaux dans une pièce plus chaude, tandis que la performance des hommes lors de ces mêmes tests était meilleure dans une pièce plus fraîche.

Un peu plus de 540 sujets avaient participé à des tests mathématiques, verbaux et de logique dans une pièce dont la température oscillait entre 16,2 et 32,6 ?C.

Selon les chercheurs de l’université Southern California et du Centre des sciences sociales WZB de Berlin, les participantes ont fourni davantage de réponses correctes — et davantage de réponses, point — quand la température atteignait la portion supérieure de la fourchette. La même situation aurait été observée chez les participants quand la température se trouvait dans la portion inférieure de la fourchette ; quand la pièce était plus chaude, ils remettaient apparemment moins de réponses et moins de réponses correctes.

« II n’y a absolument rien de neurologique dans cette étude-là. Ce ne sont que des statistiques et il n’y a aucune explication neurologique ou rationnelle », a commenté le professeur Cyril Schneider, qui enseigne à la faculté de médecine de l’Université Laval.

[Extrait de Jean-Benoit Legault, La Presse canadienne, paru dans Le Droit du mercredi 19 juin 2019]

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