Mot du président

le 13 septembre 2019 à 13:30
Pierre Lavallée

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Suite aux élections de juillet dernier, Émilie Lavoie-Charland quitte le poste de directrice des communications du CA. Merci, Émilie, pour ton implication et tes judicieuses suggestions lors de nos réunions. Il faut aussi signaler le départ du représentant étudiant, Maxime Lacroix, qui a beaucoup contribué aux travaux du CA. Il occupe maintenant un poste d’analyste chez Co-operators. Je souhaite la bienvenue à son remplaçant, Jasmin Ricard, un étudiant de troisième année du baccalauréat en statistique à l’Université Laval. De mon côté, j’ai décidé de briguer un deuxième mandat comme président de l’ASSQ, poste que je compte occuper pour les deux prochaines années. Au moment d’écrire ces lignes, les postes au CA ouverts lors des élections de juillet dernier n’étaient pas tous pourvus et remplir les postes vacants sera la première tâche de la rentrée.

La première activité prévue par l’ASSQ cette année est une commandite des présentations des stages des étudiants du baccalauréat en statistique qui auront lieu le jeudi 19 septembre à 15h30 à l’amphithéâtre du pavillon optique-photonique et laser de l’Université Laval (COPL). Cette présentation sera suivie d’un cocktail de réseautage vers 17h. Tous sont les bienvenus.

Pour terminer, j’aimerais revenir sur la nomination de la scientifique de l’année de Radio-Canada en janvier dernier. La récipiendaire est Manon Bergeron, professeure en sexologie à l’UQAM. Rappelons que Mme Bergeron a mis en ouvre et coordonné une étude sur la violence sexuelle dans les universités québécoises où « près de 37 % des répondants ont déclaré avoir vécu une forme de violence sexuelle dans cet environnement », selon le communiqué de Radio-Canada qui a fait l’annonce de son prix. Ce prix n’a pas fait l’unanimité et dans son billet, Pauvre Science, le chroniqueur de La Presse Yves Boisvert dénonce l’échantillon de convenance sur lequel s’appuie l’étude. En effet, la collecte a été faite au moyen d’une invitation électronique à participer à l’enquête envoyée à tous les membres des communautés universitaires visées. Le taux de réponse à cette invitation est inférieur à 5 %; l’échantillon sur lequel s’appuie l’étude de Mme Bergeron est donc loin d’être représentatif de la communauté universitaire québécoise. En janvier, le sujet était chaud et notre registraire, Éric Lacroix, a été invité par différents médias à se prononcer sur la validité des travaux de Mme Bergeron.

À mon avis, le communiqué de Radio-Canada était exact, mais incomplet. Le 37 % aurait dû être accompagné d’une description de l’échantillon sur lequel cette statistique a été calculée, à savoir un sous-ensemble autosélectionné représentant moins de 5 % de la population sondée. En fait, une présentation plus acceptable des résultats aurait été de dire que dans une enquête auprès de la communauté universitaire québécoise 2 % (c’est-à-dire 37 % de 5 %) de la communauté (soit près de 3000 personnes) a affirmé avoir subi une certaine forme de violence sexuelle. La nouvelle est certainement moins intéressante si on enlève le 37 %, mais elle devient plus acceptable sur le plan scientifique. Dans les travaux de Mme Bergeron, le chiffre important c’est 3000, le nombre de personnes ayant subi des violences. Il met en lumière un problème auquel les autorités universitaires doivent maintenant faire face.

Quelques liens pour revoir des contributions au débat ayant entouré le prix décerné à Mme Bergeron.

https://communiques.radio-canada.ca/radio/8590/MANON-BERGERON-Scientifique-De-Lannee-2018-De-RADIO-CANADA

https://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/201901/23/01-5212182-pauvre-science.php

https://www.affairesuniversitaires.ca/opinion/a-mon-avis/a-la-defense-de-savoirs-scientifiques-responsables-et-engages/

http://mi.lapresse.ca/screens/7e0fc153-ee39-414d-b330-fa3847c08858__7C___0.html

Louis-Paul Rivest

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