Statistique et vie

le 7 février 2019 à 12:46
Pierre Lavallée

Statistiques françaises qui déménagent !

Chaque année en France, ce sont près de 3 millions de foyers qui font leurs bagages, mettent toute leur vie dans un carton et partent habiter dans une nouvelle maison, que ce soit à quelques pas de l’ancienne ou à l’autre bout du pays. Aujourd’hui, un Français déménage environ cinq fois dans sa vie. En 1950, c’était près de deux fois moins. En effet, soixante ans en arrière, un foyer se gardait et se transmettait de génération en génération, et les changements étaient forcément moins nombreux. L’hypermobilité actuelle, couplée à une hausse des prix et de la spéculation immobilière, a fait du déménagement un acte presque banal. Vers le retour à un nomadisme de masse?

Sales petites bêtes

Vous pensez que l’homme fait partie des êtres vivants les plus violents? Pourtant, une étude parue dans la revue Nature, comparant le nombre total de morts causées par des membres d’une même espèce, montre que le plus meurtrier pour les siens est le suricate. Avec un taux de 19,4 % de morts causées par un autre, le suricate ridiculise Homo sapiens et ses 2 %. Un véritable serial killer, le Timon de Disney! Malgré tout, notre espèce demeure bien au-dessus de la moyenne des mille mammifères étudiés, qui s’élève à 0,3 %. Dans ce palmarès étonnant dominé par les lémuriens, marmottes et chinchillas, si le lion et le loup gris tiennent leur place de prédateurs sociaux et tueurs (13 %), le tigre (0,88 %) et plus encore les chauves-souris vampires (0,1 %) surprennent. La palme du pacifisme intra-espèce revient à la gazelle de Thomson : zéro tuée par une autre sur 410 000 décès. Trop occupées à échapper à leurs nombreux prédateurs, elles n’ont pas temps de s’entretuer. Certains scientifiques ont contesté ces résultats, expliquant notamment que le cannibalisme était mal pris en compte.

50 %

C’est, selon une enquête publiée à l’occasion de la Journée mondiale contre les rhumatismes, le pourcentage de Français qui déclarent souffrir de douleurs articulaires. Pour trois quarts d’entre eux, ces douleurs ont perturbé leur vie quotidienne, notamment leur sommeil (66 %) et leurs activités de loisirs (56 %). Preuve qu’il ne s’agit pas de maladies liées au seul vieillissement, un tiers des 18-24 ans déclarent souffrir de douleurs articulaires. Au total, près de 13 millions de Français souffrent de rhumatismes, dont près de 10 millions d’arthrose, et un demi-million de rhumatismes inflammatoires chroniques, parmi lesquels la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite sont les plus fréquentes. Et même près de 4 000 enfants sont touchés par des rhumatismes inflammatoires. D’un autre côté, près de trois Français sur dix considèrent que les rhumatismes ne sont pas des maladie

Appels polis…

Qui n’a jamais été dérangé par un message ou un appel arrivant — forcément — au moment le moins opportun? Cette scène est devenue banale aujourd’hui, et il n’est d’ailleurs pas rare de voir quelqu’un quitter une conversation sans prévenir afin de glisser un œil sur son portable. Ce qui aurait été considéré comme de l’impolitesse hier est aujourd’hui devenu normal. Il faut dire que le nombre de sollicitations subies n’a plus rien à voir avec antan. En 2015, un Français recevait en moyenne 15 messages ou appels par jour, contre 3 en 1950. Pour ceux qui ont la malchance d’avoir un travail de bureau, ce chiffre explose à cause des 88 courriels professionnels reçus par personne et par jour, dont près d’un quart hors du lieu du travail. « Devine d’où je t’appelle! »

Ce soda qui rend gras…

Selon les chiffres publiés par Cancer Research, la consommation des adolescents britanniques de 11 à 18 ans ‘représente plus de 234 canettes de boissons sucrées par an, soit trois fois la quantité recommandée de sucre ajouté. Cette mauvaise habitude commence dès le plus jeune âge, puisque la consommation des enfants de 4 à 10 ans est de 110 canettes par an en moyenne, soit « la moitié d’une baignoire », et celle des enfants de 18 mois à 3 ans de 70 canettes par an. Des données d’autant plus inquiétantes que les enfants britanniques sont parmi les moins actifs au monde. Pour Cancer Research, les autorités doivent prendre des mesures d’urgence, comme instaurer une taxe sur les boissons sucrées non alcoolisées pour contraindre les professionnels à limiter le taux de sucre. Une idée appliquée et piquée en France, toujours à la pointe en matière d’innovation fiscale…

40 %

C’est, selon une enquête de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), le pourcentage d’études sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) qui ont été financées « entièrement ou en partie » par des entreprises fabriquant et commercialisant ces semences. Pour les trois chercheurs français qui ont mené ces investigations d’une ampleur encore inégalée, ces conflits d’intérêts influencent sensiblement les résultats des études concernées. En effet, 54 % des publications scientifiques « sponsorisées » par des entreprises comme Monsanto, Syngenta, Dow AgroSciences ou encore DuPont Pioneer penchent en faveur des OGM. Contre seulement 36 % dans les cas d’articles ne présentant aucun conflit d’intérêts. Prudente, l’Inra précise que les analyses réalisées ne suffisent pas à déterminer que ces conflits d’intérêts sont l’unique cause de la mention de conclusions favorables aux semenciers. En outre, les chercheurs se sont concentrés sur un sujet bien précis : les recherches portant sur l’efficacité et la durabilité des « OGM Bt », c’est-à-dire une plante dans laquelle on a introduit un gène de la bactérie bacillus thuringiensis, qui possède des propriétés anti-insectes. Les études consacrées aux risques toxiques alimentaires ou aux conséquences environnementales de ces plantes modifiées n’ont pas été prises en compte. Dommage.

[Articles tirés de l’Almanach Vermot 2018, Hachette]

vermot-2018

[Retour à la Table des matières]

FacebookTwitterGoogle+LinkedIn