La Conference on Statistical Practice

le 5 mai 2017 à 08:26
dtalbot

En février dernier, j’ai eu la chance de m’envoler pour la Floride afin d’assister à la « Conference on Statistical Practice » (CSP), organisée par l’Association américaine de statistique (ASA). C’est sous un soleil chaud, sur la rive du fleuve St-John, que le congrès s’est déroulé du 23 au 25 février à l’hôtel Hyatt Regency Jacksonville Riverfront. Environ 500 participants étaient présents, la presque totalité étant américaine. J’ai pu compter sur mes doigts les Canadiens présents, et j’étais la seule Québécoise. J’ai croisé plusieurs biostatisticiens, des consultants, des employés du gouvernement et d’entreprises privées.

 

Ce trop court congrès se déroule sur 3 jours. Des ateliers de formation ont lieu le jeudi, suivis par un 5 à 7 de bienvenue. Lors de la journée du vendredi, le discours inaugural, donné cette année par David Banks et portant sur les défis d’une carrière en statistique, a été suivi de quatre séances de présentations. Le samedi, d’autres présentations se sont déroulées en avant-midi, avec des tutoriels et une séance de clôture en après-midi. Des présentations par affiche ont aussi eu lieu chaque jour. Les ateliers et les présentations étaient regroupés en quatre grands thèmes : 1) communication, collaboration et développement de carrière, 2) analyse de données, 3) « big data » et « data science » et 4) logiciels, programmation et graphiques.

 

J’ai particulièrement apprécié le contenu de certaines des présentations auxquelles j’ai assisté, notamment celle sur le logiciel gratuit Shiny permettant de développer des applications web en lien avec R (https://shiny.rstudio.com/), celle concernant le « plug-in » gratuit StatTag qui permet de créer des documents dynamiques dans Word en y incorporant directement du code de divers logiciels statistiques (http://sites.northwestern.edu/stattag/) et un atelier de formation SAS sur les procédures de sélection de modèles HPGENSELECT et GLMSELECT. J’ai pu démystifier l’analyse de texte, mieux comprendre dans quelles circonstances favoriser l’approche fréquentiste ou bayésienne, et comparer différentes méthodes de bootstrap. J’ai aussi retenu plusieurs trucs pour améliorer la relation avec mes clients et pour donner des formations plus stimulantes pour mon auditoire.

 

Plusieurs autres activités étaient organisées dans le cadre du congrès : programme de mentorat, soupers thématiques et visite guidée de la ville. Quelques semaines avant le congrès, j’ai complété un questionnaire concernant mes intérêts, objectifs et interrogations relativement à ma carrière. Suite à cela, j’ai été jumelée à un mentor, directeur d’un service de collaboration statistique au Colorado. J’ai eu l’occasion de le rencontrer pendant le congrès pour recevoir ses précieux conseils. Comme il est bien impliqué dans l’ASA, il a un bon réseau de contacts et il m’a présenté à plusieurs consultants et biostatisticiens. Ce fut une expérience très enrichissante où j’ai pu échanger avec des gens ayant le même profil que moi, ce qui est rare au Québec. Quant aux soupers thématiques, les participants peuvent proposent chaque soir, dans un restaurant de leur choix, des thèmes statistiques et d’autres se joignent à eux afin de discuter de ces sujets d’intérêt.

 

La séance de clôture visait à faire le point sur la conférence qui s’achevait et à recueillir des commentaires pour améliorer les éditions futures. Un questionnement a eu lieu entre autres à propos de l’orientation que devait prendre le congrès. L’essor du « data science » devrait-il faire en sorte que la conférence mette l’accent sur ce thème? Lorsqu’on a demandé aux membres présents s’ils se considéraient comme des scientifiques des données ou des statisticiens, la très grande majorité a voté pour ce dernier titre. On a senti dans la salle une fierté d’exercer cette profession et le souhait de conserver nos racines de statisticiens.

 

J’avais déjà participé à quelques éditions du congrès de la Société Canadienne de Statistique, ainsi qu’au Joint Statistical Meeting, et je dois dire que le CSP sort vainqueur de la compétition. C’est la conférence idéale pour des statisticiens qui doivent appliquer des méthodes variées dans la vie de tous les jours et faire du travail d’équipe. On peut facilement voir comment une méthode statistique peut être appliquée dans notre travail quotidien, contrairement aux autres congrès, plus théoriques. D’autre part, le nombre de participants plus restreint favorise les échanges. L’an prochain, le congrès aura lieu à Portland, en Oregon, du 15 au 17 février. J’espère avoir l’occasion d’y participer à nouveau.

 

 

Anne-Sophie Julien, biostatisticienne
Plateforme de recherche clinique
Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval

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