Chronique historique – l’abaque

le 19 décembre 2016 à 19:07
dtalbot

En 2005, les lecteurs et les éditeurs de Forbes.com, ainsi qu’un panel d’experts, ont classé l’abaque comme le deuxième outil le plus important de tous les temps en termes d’impact sur la civilisation humaine. (Les premier et troisième outils de la liste étaient, respectivement, le couteau et le compas.)

 

abaque-boulier

 

L’abaque moderne, avec les boules et les fils de fer, a ses racines dans des instruments tels que la tablette de Salamis, la plus ancienne règle à calcul utilisée par les Babyloniens vers 300 av. J.-C. Ces règles étaient généralement en bois, en métal ou en pierre, et se composaient de lignes ou de rainures le long desquelles étaient déplacées des boules ou des pierres. Vers l’an 1000, les Aztèques inventèrent le nepohualtzitzin (aussi appelé par ses adeptes l’« ordinateur aztèque »), dispositif semblable à l’abaque et utilisant pour effectuer les calculs des grains de blé en files sur des cadres de bois.

 

L’abaque, tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec les boules mues le long de fils de fer, était utilisé en Chine des 1200, sous le nom de suan-pan. Au Japon, l’abaque est appelé soroban. D’une certaine façon, l’abaque peut être considéré comme l’ancêtre de l’ordinateur et, à l’image de celui-ci, il fait office d’outil pour aider l’être humain à effectuer rapidement ses calculs, que ce soit dans le monde du commerce ou de l’ingénierie. Les abaques sont toujours utilisés en Chine, au Japon, en Afrique et dans certains pays de l’ex-Union soviétique, ainsi que par les personnes mal voyantes, avec une légère différence de conception. Même si l’abaque sert de préférence aux opérations d’addition et de soustraction, les utilisateurs expérimentés l’emploient pour multiplier, diviser et calculer les racines carrées: En 1946, à Tokyo, une compétition de vitesse de calcul opposa deux personnes, l’une utilisant un soroban japonais et l’autre une calculatrice de l’époque. Le soroban l’emporta!

 

[Tiré de Pickover, C.A. (2010), Le beau Livre des Maths, De Pythagore à la 57ème dimension, Dunod, Paris.]

 

Pierre Lavallée

 

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