Mot de la présidente

le 29 septembre 2013 à 17:06
dtalbot

« I keep saying that the sexy job in the next 10 years will be statisticians. » Cette phrase, prononcée par Hal Varian, économiste en chef chez Google, et reprise par deux de nos conférenciers, est sûrement celle qui m’a le plus marquée lors du colloque de l’ASSQ le 7 juin dernier.

Promenez-vous sur la rue et demandez aux gens qui vous entourent s’ils trouvent sexy l’idée de travailler comme statisticien. Si vous en trouvez un qui dit oui, assurez-vous bien qu’il soit membre de notre association!

Qu’est-ce qui a pu alors amener M. Varian à faire ce constat? C’est la multitude de données qui sont maintenant disponibles et accessibles, associée aux outils de plus en plus performants pour les exploiter. Qui de mieux qu’un statisticien pour comprendre ces données, en extraire de l’information utile, l’illustrer, la communiquer? C’est en effet là qu’entre en jeu ce qu’on appelle l’intelligence d’affaires (Business Intelligence ou plus communément BI).

Je ne sais pas comment ça se passe dans vos organisations respectives, mais dans mon milieu, jusqu’à assez récemment, ce sont les informaticiens qui détenaient le monopole de l’intelligence d’affaires. Je devrais plutôt dire le monopole de l’appellation « intelligence d’affaires » car, quand on se ramène à la définition de ce concept, il devient évident que les statisticiens y ont toujours été associés, sans pour autant lui avoir donné un nom … sexy !

Il est peut-être logique que tout cela ait d’abord été porté par des informaticiens, car l’intelligence d’affaires comporte deux volets distincts, mais indissociables : la gestion et l’interprétation des données. Voici un extrait d’un texte publié sur lesaffaires.com en 2008 qui explique très bien ce qu’il en est :

« L’objectif de l’intelligence d’affaires n’est pas d’accumuler des données, mais de produire de l’information de gestion pour éclairer les décideurs et les aider à prendre de meilleures décisions. La prise de décision devient facile quand on dispose de données bien structurées. Et c’est là que réside la complexité de l’intelligence d’affaires : assembler des millions de données, les structurer, et mettre en place des processus d’interprétation pour produire une information fiable à partir de laquelle on peut agir. Historiquement, les entreprises ont toujours eu des armées d’analystes qui passent 80 % de leur temps à recueillir l’information et 20 % à l’analyser. L’intelligence d’affaires vise à renverser la vapeur et à faire en sorte qu’ils passent 20 % de leur temps à recueillir l’information et 80 % à l’analyser. Donc, l’intelligence d’affaires vise aussi à simplifier le processus de gestion de l’information pour éclairer et accélérer la prise de décision. »

Les conférences qui nous ont été offertes lors du colloque ont permis de bien comprendre toute la portée du rôle de statisticien dans l’interprétation et la compréhension de ces milliards de données qui habitent aujourd’hui les différents ordinateurs de la planète. Il n’est pas gênant de faire valoir nos compétences à faire dire aux données ce qu’elles doivent réellement dire et de nous affirmer comme des professionnels spécialisés et, pourquoi pas, indispensables. C’est un peu ça aussi, l’idée de l’année mondiale de la statistique.

Alors même si le seul fait de vous présenter comme statisticien ou statisticienne ne fera peut-être pas tourner toutes les têtes la prochaine fois que vous entrerez dans un bar, dites-vous que, pour quelques années encore, vous êtes professionnellement sexy.

Nathalie Madore, présidente

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