Hypathie

le 16 février 2012 à 11:42
dtalbot

Hypatie d’Alexandrie (vers 370 – vers 415)

Hypatie d’Alexandrie connut une mort violente en étant lacérée par la foule, en partie parce qu’elle n’adhérait pas aux principes de la religion chrétienne. Elle se considérait elle-même comme néoplatonicienne, païenne et disciple des idées de Pythagore. Hypatie est la première femme mathématicienne de l’histoire de l’humanité à propos de laquelle nous possédons des informations fiables et détaillées. Elle avait la réputation d’être séduisante et fermement décidée à rester célibataire. Quand on lui demandait pourquoi elle était obsédée par les mathématiques et ne prenait pas d’époux, elle répondait qu’elle était déjà mariée à la vérité.

Parmi les travaux d’Hypatie figurent ses commentaires sur l’Arithmétique de Diophante. Dans l’un des problèmes proposés à ses étudiants elle leur demandait la solution du système d’équations suivant :

x - y = a, x^{2} - y^{2} = (x - y) + b ,

où a et b sont connus. Existe-t-il des valeurs entières de x, y qui vérifient les deux formules ?

Les chrétiens étaient ses principaux rivaux philosophiques et ont officiellement condamné ses assertions platoniciennes sur la nature de Dieu et de l’au-delà. Par un jour de mars 415, elle fut attrapée par une foule de chrétiens fanatiques, déshabillée et eut la peau lacérée jusqu’aux os par des coquilles d’huître. Son corps fut ensuite coupé en morceaux et brûlé. Comme certaines victimes du terrorisme religieux aujourd’hui, il est probable que son sort tragique soit lié au fait qu’elle ne partageait pas les mêmes croyances. Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour qu’une autre femme, Maria Agnesi, devienne une mathématicienne célèbre.

La mort d’Hypatie entraîna le départ de nombreux savants d’Alexandrie et, à bien des égards, marqua la fin de siècles de progrès pour les mathématiques grecques. Pendant l’âge des ténèbres de l’Europe, les Arabes et les Indiens furent les seuls à jouer un rôle majeur en encouragent l’évolution des mathématiques.

[tiré de Pickover, C.A. (2010), Le beau livre des maths – De Pythagore à la 57ème dimension, Dunod, 528 pages.]

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